Transpyr 2017 : de la Méditerranée à l’Atlantique via les Pyrénées.

Partager cet article :

C’était l’objectif de l’année : 7 jours de VTT, 800 km et 18’500 m de D+. Spoiler : c’est réussi !

Médias

L’organisation (Transpyr.com) a réalisé une vidéo présentant la course et ses points forts avec une belle orientation sur l’humain, à voir sur YouTube : https://youtu.be/RFvcQY2dat8

Comme moi aussi j’aime faire ce genre d’exercice, j’avais pris ma caméra avec moi. Le résultat est disponible ici : https://vimeo.com/223847131. Enjoy !

En général

C’est quoi ?

Pour faire court : départ du bord de la Méditerranée, on longe la frontière franco-espagnole à VTT, le but étant d’arriver au bord de l’océan Atlantique. Le tout en 7 jours. Soit une moyenne de 115 km et 2500 m D+. Sur chaque étape, une ou deux portions sont chronométrées, pour une longueur totale d’environ 35 km à chaque étape, le reste étant de la “liaison”. Bon, on tape les 80 km de liaison par jour 🙂 Historiquement, la course se déroule en équipe de 2. C’est toutefois possible de courir seul ou à 3. Un classement individuel est établi, mais seul les équipes de 2 sont primées.

Entrainement

En faisant le total, j’arrive à 160h de vélo (HT, route et VTT) depuis le début de l’année. 160h d’entrainement, d’intervalles, de PMA, de force/vélocité, de rythme, de maintient du seuil, de sorties longues mais aussi quelques courses là-dedans. Pour diverses raison, j’ai attaqué l’entrainement “à l’envers” du traditionnel cycle foncier -> PMA pour faire d’abord de la puissance puis un max de volume pour entrainer la résistance du corps à cette fatigue.

Le trajet

Après avoir étudié l’option Camping Car, nécessitant un chauffeur, nous (équipe de 2, donc) nous sommes rabattu sur la solution EasyJet. Aller-retour pour le vélo en bagage spécial : 70 CHF avec une limite de poids à 28 kg. Donc largement suffisant pour un vélo dans une grosse valise spécifique et même du matériel à l’intérieur ! Le retour depuis la côte atlantique jusqu’à Barcelone est organisé par Transpyr (80€) à l’aide d’un car. Les vélos sont aussi rapatriés le jour même dans des camionnettes. Bref, ça roule.

Logistique de course


Un énorme sac (30x30x80 cm) est fourni. Tout le matériel que l’on veut prendre avec soit doit y rentrer pour un poids total de 20 kg max. Ces sacs sont transportés par l’organisation d’hôtel en hôtel, que ceux-ci soient réservé par Transpyr ou par nos soins (c’est l’option choisie). Aucun problème de ce côté-là, nous avons toujours retrouvé nos sacs aux bons endroits.

Côté mécanique, une assistance est disponible, aux début/fin d’étapes uniquement. Ca, c’est pas idéal : certaines descentes sont très engagées pour du XC, mettant à mal le matériel. Pour la petite histoire, le rayonnage de ma roue arrière a beaucoup (trop) souffert ! Par contre, l’assistance est fournie par des professionnels qui travaillent de manière remarquable !

Enfin, côté ravitaillement, c’est copieux mais lassant : pâtes blanches, riz blanc, sauce tomate pour colorer un peu. Et des fruits. Beaucoup de fruits ! Ca, ça passe. Idem à la pasta party du soir. Riz. Pates. Salade et fruits. Autant dire que nous n’avons pas attendu la fin de la semaine pour nous faire des resto… Par contre, aucun reproche au bénévoles : tous sont serviables et souriant. On ressentait vraiment une envie de rendre service, d’aider. Les gens étaient vraiment très gentils.

Et la course ?

Posons tout de suite l’objectif : si la partie chronométrée représentait un tiers du parcours à peine, notre objectif était à chaque fois d’arriver “pas trop tard”. Donc pas de longue pose avant la partie chrono, pas de longue pose après. Tout l’entrainement a été axé afin de pouvoir profiter de cette course plutôt que de la subir.

Etape 1

Départ de Rosas, au bord de la Méditerranée. L’étape est décomposée en 3 partie : 45 km de plat sur des chemins ruraux très poussiéreux, 45 km de bosses, dans des bosquets principalement puis les 45 derniers km qui sont une looooonnnnngue montée jusqu’à l’arrivée. L’étape est annoncée à 2’200 m D+, arrivé au km 60, nous n’en avons fait que 400 !

Sur le profil, nous avions évalué les 40 derniers km comme étant un “long faux plat montant”. Quelle erreur ! Si, effectivement, la pente n’était pas énorme, c’est le terrain qui nous a surpris. Habitué aux marathons VTT plutôt roulant, nous nous sommes retrouvés sur des sentiers techniques nécessitant de batailler contre le terrain autant que contre la gravité ! L’organisation nous a présenté cette étape comme un avant-goût des terrains que nous rencontrerions, ça promet !

https://www.strava.com/activities/1031633617

Etape 2

Deuxième jour, on passe au choses sérieuses avec 2’600 m de D+ annoncés, soit 400 m de plus pour une distance quasi équivalente. Au programme, trois bosses puis les 45 derniers km à tendance descendante qui s’annonce agréable pour terminer cette journée. Ca veut dire que les 70 premiers km vont représenter le gros du dénivelée. Aaarrrgggh

Départ directement avec la montée, histoire de mettre tout le monde d’accord. 1er constat : le cœur ne monte déjà plus. Mais les jambes répondent bien, ça me va. Là encore, les montées, sans difficulté sur le papier, sont cassantes vu leur nature. Une attention de chaque instant doit être portée sur la trajectoire, tant en montée qu’en descente… sur les pistes de ski ! Ca nous ralentit pas mal, cassant tous nos pronostiques de durée. Du côté paysage, nous commençons aussi à en prendre plein les yeux. Ces montagnes sont magnifiques, rocheuses, colorées…

A 30 km de la fin, il nous manque encore 600m de D+. Au vu du profil, nous commençons à douter… mais à force de trouver des bosses ici et là, nous y seront arrivés ! Une nouvelle difficulté s’ajoute à cette course : la canicule ! Nous réaliserons les 35 derniers km à plus de 32°C. Et la suite s’annonce plus chaude encore.

https://www.strava.com/activities/1033201879

Etape 3

C’est une des plus grosses étapes : à nouveau 115 km annoncés, mais 3’200 m de D+. La première bosse à elle-seule représente 1’200m de dénivelée ! Là encore, les montées sont techniques. Même très techniques. Et certaines portions raides sont très couteuses.  Heureusement, la première partie se fait sur route, sous contrôle. Ca permet de rouler à l’abris et de bien se chauffer avant d’attaquer. Un peu 🙂

1ère constatation : pu*%@¢ y-fait-chaud ! température moyenne de 30°C, avec des pointes à plus de 40°C. On boit un maximum et, là, je commence à regretter de ne pas avoir une 2e gourde (j’ai juste une soft-flask de 2.5 dl dans une poche). Les ravitaillements sont l’occasion de boire presque 1 litre d’eau fraiche ! Il nous faudra plus de 8h de vélo pour arriver au bout. Ainsi qu’une bonne heure passée dans les 3 ravitaillements à s’alimenter et s’hydrater (enfin, essayer).

Malgré tout, c’est une étape que j’ai adorée pour ces longues montées originales et ses descentes de furieux ! La premières représente 1’200m, quasi d’une traite, sur un terrain joueur, ludique… rien à voir avec un “basset de Lona – Grimenz”. Ou alors, juste la partie qui permet de descendre le barrage. Imagine ça sur 1’200 m !!! Ca représente 40 minutes de single, du jamais vu en Suisse…

https://www.strava.com/activities/1034633059

Etape 4

“Petite” étape… 98 km pour 2800m de D+, réparti sur l’ensemble du tracé. Très rapidement, le coup de chaud de la veille se paie. Mon binôme a eu de la peine à s’alimenter la veille au soir, la facture va être salée ! Je tente de l’encourager et de rester positif pour le tirer en avant, mais moi aussi, je suis à la ramasse ! J’avance en me disant que ce soir, nous aurons accompli la moitié de la course.

Autre motivation : nous arrivons aujourd’hui dans la Zona Zero, région dont j’ai lu et vu le plus grand bien de ses itinéraires VTT. Et effectivement, nous ne serons pas déçus. Des vrais montées VTT raides, longues, à lutter contre le terrain (encore!), des descentes dans des sentiers joueurs, sans fin, des liaisons rapides pour ne pas perdre son temps sur des passages sans intérêt. C’est une journée génial, à faire et à refaire. Avec un coup de cœur pour une des dernières descente sur Jaca, digne d’un bike-park sculpté par la nature.

Côté chrono, nous sommes à la ramasse totale… la fin aura été un enfer pour mon binôme qui aura ingurgité 3-4 gels sur la journée, avec la plus grande peine. Il termine tout de même malgré une motivation qui en prend logiquement un coup. Pour moi, c’est un guerrier d’autant plus que la température reste élevée avec un pic à 39°C ! Quand je le vois monter malgré tout, j’ai honte de penser à poser le pieds “par facilité”.

https://www.strava.com/activities/1036539241

Etape 5

Etape de “repos” pour cette journée : 98 km mais 2’200m de D+ annoncé. Les 30 premiers km sont un faux plat montant parsemé de quelques bosses. Mais représentant à peine 500 m de D+. Et à nouveau, la nature du terrain complique la donne. A part quelques liaisons par les chemins blancs, il y a énormément de petites bosses parcourues sur des petits sentiers caillouteux, usants et techniques ! C’est aussi l’étape sur laquelle nous perdrons le plus de temps à rechercher les petits sentiers, le balisage étant quasi inexistant. Du côté de mon binôme, c’est encore la galère. Je commence à avoir de sérieux soucis à midi quand je vois qu’il ne peut rien ingurgiter… Les quelques derniers kilomètres sont interminables. Et nous commençons à sérieusement en avoir raz-le-bol. Le prochain qui dit que le sport c’est bon pour la santé…

Heureusement, ce soir-là, notre hôtel se trouve à côté de l’arrivée. Nous pouvons rapidement prendre nos marques et nous allons même nous offrir un petit massage. Ce moment de détente nous aura ouvert l’appétit à tous les deux. Tiens, j’en connais un qui devrait avoir plus d’énergie demain !

https://www.strava.com/activities/1037955241

Etape 6

Grosse, grosse étape… 133 km, 2’600m de D+ annoncé. Le Garmin en mesurera presque 2’900 ! On nous annonce des parties roulantes, la longueur et le dénivelée représentant la difficulté. Le programme de la journée est simple : des bosses jusqu’au km 60, 10 km de transition et le gros du dénivelée en suite avec 3 bosses avec chacune des portions “raide de sa race”. Ben, la vache, heureusement que le terrain est roulant (mon œil!)… on enchaine les montées dans des singles techniques, bien cassants. Avec, toujours, une chaleur assommantes ! Il faut avouer que, parfois, nous ne savons plus vraiment où nous en sommes. Il nous aura fallu batailler plus de 8h, sans compter encore l’arrêt au 4 ravitaillements, aux quelques fontaines croisées sur la route lorsque nous pédalions par 39°C… Bref, du vrai VTT, vraiment, tant sur les montées que les descentes.

Par contre, malgré la difficulté, le plaisir est à nouveau là. Les paysages me paraissent à nouveau agréables, il y a peu de chemins de liaison. Côté mécanique, 1er gros couac : je casse un rayon sur la roue arrière, heureusement à 8 km de la fin. L’assistance mécanique va pouvoir me “bricoler” quelque chose, la longueur de rayon n’étant pas à leur catalogue. Du coup, je récupère ma roue qui devrait tenir. Devrait ? Autant dire que je prends un sérieux coup au moral… après 6 jours à batailler, je devrais pouvoir terminer ?

https://www.strava.com/activities/1039484108

Etape 7

Dernière étape, à nouveau un peu moins de 100 km pour 2’400 de D+… et 3’000 de D- ! Je suis moralement au fond du bac, mon histoire de rayon me mine sérieusement. Mon binôme, lui, est au taquet. Et je le sens dès le départ, il me fait rouler comme au 1er jour. Les paysages sont exquis, la température aussi, tiens ! On ressent l’influence de l’océan sur la météo, la brume étant même de la partie dans une vallée. Ca sera le 1er nuage – et le seul – que nous apercevrons cette semaine. Je suis un peu sur la réserve dans les parties techniques afin de préserver ma roue, tant en montée qu’en descente. Mais plus on avance, plus j’ai confiance. Et plus je m’éclate ! Et c’est tant mieux, les descentes sont parmi les plus ludique de la semaine : une bonne longueur pour en profiter sans en être dégouté, des passages “qui rigolent”… Bref, on y va !

https://www.strava.com/activities/1040826616

Finish

Après plus de 50 heures, c’est fait : arrivée au bord de l’océan Atlantique, dans la joie ! L’ambiance sur le port est cool, les gens qui sont là savent qu’ils ont accompli un joli petit exploit.

Il ne nous reste plus qu’à préparer les vélos pour le retour, se changer… et revenir pour la cérémonie finale avec photo des finishers !

 

 

Partager cet article :