OpenBike – la dernière de la coupe fribourgeoise

Deux roues Sport
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Deuxième participation à cette OpenBike. Vu le résultat de la 1ère, j’y participais avec une certaine appréhension certaine. Petit retour en arrière… pour aller de l’avant !

En 2012, je roulais depuis 1 année, avec un semi-rigide alu, en 26″. J’ai quelques souvenirs pas très heureux : bouchon à l’entrée du single longeant le lac de Lessoc, loooonnnnngue montée qui fait mal après Estavannens, longue descente le long du Chemin des Braconniers durant laquelle je vois des missiles passer de tous les côtés, une roue qui branle en arrivant sur Gruyères, d’ailleurs, la montée sur Gruyère… bref… ce fut une course qui me fit vraiment mal, physiquement et moralement.

Afin d’aborder cet événement avec le meilleur moral possible, j’ai adapté mon entrainement aux quelques spécificités de cette étape. La longueur, tout d’abord : il ne s’agit pas d’un marathon, mais nous sommes tout de même à plus de 2h de course pour les meilleures, soit 30 minutes de plus que ce qui se fait d’habitude. J’ai donc légèrement allongé mes sortie en semaine pour coller au mieux aux 2h30 que je pensais faire, histoire de ne pas caler après 2h. J’ai aussi cumulé les montées de 20 à 30 minutes au seuil pour pouvoir tenir la distance. Enfin, j’ai allongé la durée des intervalles PMA jusqu’à 1’30” pour mieux encaisser les coups-de-cul. J’ai même réalisé un déblocage la veille, histoire de tout faire pour me mettre en confiance. Bref, les sensations au départ sont bonnes malgré un échauffement express. Même mon emplacement dans le sas de départ me convient. Tous les signaux sont définitivement au vert.

Le départ est donné, ça roule très vite. Ma faible puissance “brut” ne me laissant aucune chance sur les portions plates et roulantes, je rester donc à l’abris, sautant de roue en roue afin de progresser au bon rythme. Première côte, premières remontées : là, mon rapport W/kg est assez bon, je peux laisser aller, en ayant toujours le cardio à l’œil : ça serait dommage de se griller après 5 minutes. Petit check : jambes ok, météo et habillement ok, vélo ok, boisson… ça devrait le faire. N’ayant pas de ravitailleur organisé, j’ai pris l’option grande gourde et verre d’eau à chaque ravitaillement. Vu qu’il ne fait pas chaud, ça va passer.

La course se déroule à un bon rythme : je me place dans un groupe assez homogène. Arrivés à l’entrée du single tournant autour du lac de Lessoc, je décide de me placer au mieux pour y entrer, ne sachant pas comment ça va rouler. Bonne nouvelle, il n’y a personne cette année (normal, je suis bien en avance par rapport à 2012). La portion se passe sans surprise et je me retrouve seul à la sortie. La course commence réellement à présent : plusieurs bosses s’enchainent et le bitume tend à se raréfier. Fini le confort des roues des autres, à moi de batailler. Le cardio reste mon indicateur, visant le haut 4.5 – 4.8. Les idées restent claires, nouveau check : jambes ok, hydratation ok, alimentation ok. Arrivé à la montée d’Estavannens, je suis toujours en confiance. Je décide de la faire à bon rythme, mais en continuer à surveiller la FC. Je double, double et double, surtout sur la fin. Dans les derniers virages, je peux apercevoir en contrebas les coureurs qui étaient avec moi au début de cette ascension réalisée à la vitesse ascensionnelle de 900 m+/heure presque constante ! Les exercices de montée au seuil ont été bénéfiques .

Arrive la descente des Braconniers. J’ai clairement une revanche à prendre ici. Mon voyage dans les Pyrénées m’a permis de m’améliorer en descente, je compte bien capitaliser là-dessus. Et les freins sont lâchés . La descente est réalisée à 28 km/h, avec une vitesse ascensionnelle de -4’400 m/h, me plaçant 35/240 sur Strava. Le souvenir de ces missiles me dépassant de gauche et de droite contraste avec les grappes de coureurs que je passe sans difficulté. Arrivé à la montée sur Gruyère, il ne reste plus de grandes difficultés et décide de lâcher les chevaux. Les jambes piquent, mais je ne lâche rien et ceux qui me tournent autour disparaissent les uns après les autres. Dernière montée sur les hauts d’Enney, ça roule, ça monte, c’est bon pour moi. Une dernière descente et c’est parti pour ce long retour sur Grandvillard. La première portion technique le long de la Sarine est passée en un clin d’œil et avec un max de plaisir. Les deux kilomètres suivant sont par contre à mon désavantage : à nouveau roulant et plat. Seul, je bataille pour ne pas me faire prendre, mais sans succès.

Deux concurrents me reprennent peu avant l’ascension finale. Ils restent dans ma roue, mais ne parvenant pas à prendre le large, je décide de lever le pieds pour les forcer à me passer devant et prendre, à mon tour, leur roue. Il nous reste le finish dans le champs, mêlant virages serrés et bosses. Nous sommes les trois dans un mouchoir de poche à lancer des attaques de tous les côtés. Sans succès me concernant… nous rattrapons un 4e larron qui nous tire à son tour. Il reste un ‘S’, un virage à 90° et c’est l’arrivée. Je décide de tout lâcher à l’attaque du S, comptant sur une petite bosse pour les ralentir. C’est en danseuse et à la fresh que j’attaque, dépassant ces 3 personnes en l’espace de 40 mètre à peine. Sans me retourner, je file vers l’arrivée le nez dans le guidon. Ca a marché, ces 3 places gagnées sur la ligne , presque au sprint, sont à moi ! C’est d’ailleurs sur cette attaque que la fréquence cardiaque est atteinte… après 2h23′ de course.

C’est tout sourire que je me ravitaille en attendant les copains, me repassant la course en tête. Assez rapidement, je commence à avoir froid, c’est l’heure de rentrer. Je suis bien entamé, mais heureux de mon résultat et impatient de revenir sur ce tracé, roulant mais exigeant.

Au final, 2h23’41” de course pour 45 km et 1380m D+ et une fréquence cardiaque moyenne/max de 180/191. Je pense avoir réalisé une bonne course, bien gérée. Si physiquement, il me manque encore du travail pour améliorer mes performances, mes choix tactiques commences à porter leur fruits : quand attaquer et, surtout, quand ne pas attaquer, c’est des choix qui peuvent avoir des conséquences importantes (sur une course amateur, précision importante )

https://www.strava.com/activities/1186457223

 

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