Alpine Circle

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122 km de vélo autour de Davos, deux cols à plus de 2300 m. Le même tracé* que les coureurs du Tour de Suisse. Une première course sur route qui me réserve son lot de découvertes !

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Davos : humide au départ

Commençons par le commencement : cette participation a été le fruit d’un certain hasard vu que chouchou m’a inscrit à un concours pour participer gratuitement à la 4e étape du Tour de Suisse Challenge qui est la dernière étape du Tour de Suisse. Et la nouvelle est tombée 30 jours avant la course : me voilà inscrit à une course qui tape plus de 3’000 m de D+ sur 122 km, avec un point bas à 950 m et un pic à 2’380 m. Ah, oui… et une vitesse moyenne minimum à tenir de 22 km/h sinon, c’est dans la voiture balai… Moi et mon Allez en aluon va le faire

A quelques jours du départ, la consultation de la météo devient maladive, mais rien ne change fondamentalement : pour Davos, MétéoSuisse annonce 5° à 8h du matin et une petite pluie fine toute la journée. Arrivé à Davos la veille (sous un temps de chien) pour avoir le temps de récupérer le dossard et préparer tranquillement, la motivation à prendre le départ le lendemain n’est pas énorme

Réveille à 6h pour un départ à 7h30 : ça me laisse le temps de m’habiller chaudement – 3 couches + un coupe-vent imperméable pour le haut, pantalon long de cyclisme, chaussures et couvre-chaussures, tour de cou et bonnet sous le casque. Quant aux gants, j’utiliserai mes gants de ski de rando avec coiffe coupe-vent. Bref, me voilà prêt à affronter les 4° et la fine pluie de Davos (MétéoSuisse ne s’est pas trompé). Il n’est que 7h10, j’ai encore le temps et décide de m’échauffer un peu, histoire de ne pas attraper froid.

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1er col : l’Albula

7h30, top départ : les 17 premiers km sont neutralisés ce qui n’empêche pas le peloton de rouler à 40 km/h “tranquille”. Puis vient la première petite bosse qui fait va commencer à étaler tout ce petit monde. Sitôt passée, je m’alimente déjà.  Pendant ce temps, un 1er groupe de furieux s’envole pendant que je reste accroché sans difficulté au gros de la troupe jusqu’à Bergün. C’est là que les choses sérieuses commencent avec l’attaque de l’Albula. Arrivé en haut, de ces 13 km d’ascension (930m de D+ soit 7.3%), il fait 0°C et le vent agresse la moindre. La montée c’est bien passée (VAM à 860 m/h), agréable malgré la météo, avec une vue pas trop bouchée. Avant d’attaquer la descente, j’adapte mon équipement (coiffe coupe-vent sur les gants, tour de cou remonté jusqu’au nez) et gaz. Je descends seul à presque 50 km/h de moyenne et attaque le faux-plat descendant qui me mènera à Zernez, au pied du col de la Fluela. Je rejoins rapidement un autre cycliste et la collaboration se passe assez bien, chacun faisant sa part de job. Mais à deux, les repos n’en sont pas vraiment. Après 15 minutes d’effort, un groupe de cinq cyclistes nous dépasse. Nous arrivons à nous y coller et tant mieux : l’organisation est au top ! Nous roulons en file indienne, chacun y fait le boulot nous permettant ainsi de rouler les presque 30 minutes suivantes à 38 km/h pour une puissance moyenne de 156 W !

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Col de la Fluela

Arrivés à Zernet, c’est l’attaque de la Flüela, deuxième et dernier col de la journée, ses 13 km pour 1’100 m de D+. La montée me semble plus raide mais les chiffres montrent une pente moyenne semblable à l’Albula. La régularité n’est plus là, par contre. Nous alternons les passages à 15% avec les faux-plats “pour se reposer”. En quelques kilomètres, le groupe n’existe plus. Je monte avec les échappés à 960 m/h dans ce col dont on ne voit pas le bout. Il commence d’ailleurs à neiger, signe que, je commence sérieusement à l’espérer, le sommet n’est plus très loin… Le dernier kilomètre est en pente douce en comparaison du reste. Bien que le paysage visible fasse plaisir, il se résume à 500m de chaque côté, tellement les nuages nous bouchent la vue. La météo est vraiment execrable à ce niveau de la course. En plus de ce mélange de neige et grésil fin, le vent de fasse ne va pas simplifier la transition sur la descente.

En arrivant au sommet, je profite de m’alimenter et de m’équiper pour la descente selon le même schéma que la descente de l’Albula. Dès le début, nous nous regroupons à trois pour attaquer la descente. Le même coureur restera en tête tout au long des 17 km finaux. Bon descendeur, nous le suivons, confiants, en restant dans sa roue. Les trajectoires sont parfaites, pas un coup de frein de trop : la vitesse est quasi la même que la descente de l’Albula pourtant plus raide ! Nous attaquons le tour d’honneur dans Davos à 38 km/h. Dernière ligne droite, première grosse frayeur à 200 m de la ligne d’arrivée lorsqu’un piéton traverse sans regarder. Nous l’avons évité de justesse, à 20 cm prêt, c’était l’accident ! Si proche du but, ça aurait vraiment mal fini l’aventure. Heureusement, nous sommes arrivés sains et saufs. Mais frigorifiés !

Enfin, nous avons droit à une bonne douche chaude dans les vestiaires de la patinoire de Davos. Moment magique où il faut se déshabiller malgré les tremblements et les doigts engourdis. Moment comique où l’on réalise que nous sommes tous dans la même situation. L’eau tiède réchauffe doucement le corps avant de la régler à une température plus chaude pour terminer, bien 10 minutes plus tard, de parvenir à se réchauffer définitivement sous la douche.

A retenir :

  • les Grisons, même sous la pluie et dans le froid, c’est le pays parfait pour le vélo. Qu’est-ce que j’aime cette région !
  • En peloton, on roule à une vitesse bien sympa sans même se fatiguer.
  • En groupe, une bonne organisation des relais permet d’avancer beaucoup plus vite, en s’économisant énormément.
  • Y’a pas de mauvais temps, que du mauvais équipement ! Mais je le savais déjà

 

*Vu les conditions météo, le tracé de la dernière étape Tour de Suisse a été raccourci avec un nouveau départ à La Punt, après le col de l’Albula. Pour les pro uniquement !

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Miguel

Grand amateur de VTT depuis 2011, de course à pieds - de préférence en plein nature.

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